- Mettre en place des contrôles internes.
- Prévenir et traiter la fraude.
- Préparer l'audit et les évaluations de capacité.
1Les contrôles internes
- Séparation des tâches : la personne qui demande, celle qui approuve, celle qui paie et celle qui enregistre sont différentes.
- Délégations d'autorité écrites : qui peut approuver quoi et jusqu'à quel montant.
- Contrôles physiques : coffre, clés, accès au logiciel avec mots de passe personnels.
- Vérifications indépendantes : comptages surprises, revues par le siège, visites de vérification.
- Gestion des actifs : registre des biens (ordinateurs, véhicules, générateurs) avec étiquettes, inventaire annuel, règles de transfert à la fin du projet.
2Prévenir et traiter la fraude
Formes fréquentes : fausses factures, surfacturation, employés fictifs, double financement d'une même dépense par deux bailleurs, détournement d'aide, collusion avec des fournisseurs, abus d'avances.
- Signaux d'alerte : factures sans numéro ou de fournisseurs introuvables, prix anormalement élevés, chiffres ronds répétés, refus de prendre des congés, pièces « perdues ».
- Tolérance zéro : toute suspicion est signalée par les canaux prévus (point focal, ligne d'alerte), sans enquêter seul ni alerter la personne soupçonnée.
- La plupart des bailleurs exigent d'être informés rapidement des fraudes suspectées sur leurs fonds ; le contrat précise le délai.
- Vérification des partenaires, fournisseurs et employés par rapport aux listes de sanctions (ONU, Union européenne et listes nationales, selon les exigences du bailleur).
3Audit et évaluation de capacité
- Audit de projet : un auditeur externe vérifie que les dépenses déclarées sont réelles, éligibles et justifiées, et que les procédures ont été suivies.
- Préparer dès le premier jour : pièces classées par ligne budgétaire et par mois, rapprochements faits, dossiers d'achat complets, feuilles de temps du personnel imputé.
- Les coûts rejetés (inéligibles) doivent être remboursés au bailleur avec les fonds propres de l'organisation : un vrai risque pour une ONG nationale.
- Évaluations de capacité (due diligence) des bailleurs et fonds communs (par exemple l'approche HACT pour certaines agences de l'ONU) : statuts, gouvernance, états financiers audités, manuel de procédures, politiques (fraude, PSEA, sauvegarde) ; leur résultat détermine souvent le niveau de risque et les modalités de financement.
- Après l'audit : un plan d'action pour chaque recommandation, avec responsable et échéance.
Avant l'audit du bailleur
ONG nationale, fin de projet
Vous êtes responsable administratif et financier. L'auditeur arrive dans trois semaines pour un projet de 300 000 dollars.
Plusieurs dossiers d'achat sont incomplets, les feuilles de temps du personnel n'ont pas été signées depuis quatre mois, et une même facture de loyer apparaît dans deux projets.
Décision 1 sur 3Que faites-vous de la facture de loyer imputée à deux projets ?
Décision 2 sur 3Les feuilles de temps ne sont pas signées. Que faites-vous ?
Décision 3 sur 3Après l'audit, l'auditeur fait cinq recommandations. Que faites-vous ?
Ce qu'il faut retenir
Un audit se prépare toute l'année : pas de double financement, des justificatifs réels et un plan d'action après chaque audit.
Exercice d'application : diagnostic de contrôles internes
Dans un petit bureau, le comptable reçoit les factures, prépare les chèques, les signe seul jusqu'à 2 000 dollars et fait le rapprochement bancaire. Listez les risques et proposez une nouvelle répartition des tâches, réaliste avec une équipe de quatre personnes.
À retenir
- Séparation des tâches et délégations d'autorité écrites.
- Registre des actifs et inventaire annuel.
- Toute suspicion de fraude est signalée, sans enquêter seul.
- Préparer l'audit dès le premier jour ; les coûts rejetés se remboursent sur fonds propres.
Quiz du jour
3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.