- Analyser et présenter des données clairement.
- Produire une carte utile.
- Protéger les données sensibles.
1Analyser et présenter
- Choisir l'indicateur qui répond à la question, et le bon dénominateur (pourcentage de quoi ?).
- Ventiler par sexe, âge, handicap et zone quand c'est pertinent.
- Un graphique par message : barres pour comparer, lignes pour une évolution, pas de camemberts à dix parts, pas d'effets 3D.
- Toujours indiquer la source, la date, la couverture et les limites des données.
Un tableau de bord utile tient sur une page : quelques chiffres clés, l'évolution, les gaps, et ce qui demande une décision. Outils : Excel, Power BI, Looker Studio, selon les moyens de l'équipe.
2Cartographie humanitaire
- Outils : QGIS (gratuit) pour les cartes, données d'OpenStreetMap (routes, bâtiments), frontières COD.
- Types de cartes fréquents : carte de présence 4W, carte de sévérité des besoins, carte d'accès (routes coupées, zones à risque), carte de localisation des services.
- Une bonne carte a : un titre qui dit le message, une légende, une échelle, le nord, la source, la date, et l'avertissement sur les frontières (« les frontières indiquées n'impliquent pas une reconnaissance officielle »).
- Couleurs lisibles (y compris pour les daltoniens), classes de valeurs cohérentes, peu d'information mais la bonne.
3Protection et responsabilité des données
- Données personnelles : nom, téléphone, localisation précise, données biométriques ; données sensibles : santé, violences, ethnie, statut juridique.
- Principes : collecter le minimum, avec consentement, pour un objectif précis ; accès limité ; chiffrement ; durée de conservation définie ; partage encadré par un accord.
- Même des données agrégées peuvent exposer un groupe (par exemple une carte qui localise des personnes d'une minorité ou des survivantes de violences) : on évalue l'impact avant de publier.
- Les orientations de l'IASC (2023) sur la responsabilité des données dans l'action humanitaire et les standards du cluster servent de référence.
La carte qui en dit trop
Programme de protection
Vous préparez des produits d'information pour un sous-cluster violences basées sur le genre.
Un partenaire vous envoie un tableau avec les coordonnées GPS des domiciles de survivantes prises en charge, et demande une carte « pour montrer l'ampleur du problème » au bailleur.
Décision 1 sur 3Que faites-vous du tableau ?
Décision 2 sur 3Comment montrer l'ampleur des besoins sans exposer personne ?
Décision 3 sur 3Le tableau de bord mensuel est prêt. Qu'ajoutez-vous avant de le diffuser ?
Ce qu'il faut retenir
La gestion de l'information protège d'abord les personnes : données sensibles jamais exposées, agrégation adaptée, et produits clairs avec source et date.
Exercice d'application : un tableau de bord d'une page
Avec les données d'un projet réel ou fictif, dessinez un tableau de bord d'une page : quatre chiffres clés, un graphique d'évolution, une carte de couverture, une alerte sur un gap. Indiquez la source et la date. Vérifiez qu'aucune donnée ne permet d'identifier une personne.
À retenir
- Un graphique par message, la source et la date toujours visibles.
- Une carte : titre-message, légende, échelle, nord, source, date, avertissement sur les frontières.
- Collecter le minimum, avec consentement, accès limité et chiffrement.
- Même des données agrégées peuvent mettre un groupe en danger.
Quiz du jour
3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.