Jour 2 sur 2 · 6 heures

PSEA et sauvegarde de l'enfance

Objectifs du jour
  • Connaître les six principes fondamentaux de l'IASC.
  • Savoir signaler une suspicion d'exploitation ou d'abus sexuels.
  • Appliquer les règles de sauvegarde de l'enfance.

1Exploitation et abus sexuels : de quoi parle-t-on ?

L'exploitation sexuelle est le fait de profiter d'une position de vulnérabilité, d'un rapport de force inégal ou de la confiance d'autrui à des fins sexuelles (par exemple exiger un rapport en échange d'une ration ou d'un emploi). L'abus sexuel est une atteinte physique de nature sexuelle, ou la menace d'une telle atteinte, par la force ou sous la contrainte.

Quand l'auteur est un travailleur humanitaire, c'est une trahison grave des personnes qu'on doit aider. Les organisations appliquent une tolérance zéro envers ces actes et un devoir d'agir lorsqu'ils sont signalés.

2Les six principes fondamentaux de l'IASC

  1. L'exploitation et les abus sexuels constituent des fautes graves et justifient le licenciement.
  2. Toute activité sexuelle avec un enfant (moins de 18 ans) est interdite, quel que soit l'âge de la majorité ou du consentement localement ; se tromper sur l'âge n'est pas une excuse.
  3. Il est interdit d'échanger de l'argent, un emploi, des biens ou des services (y compris l'aide due) contre des faveurs sexuelles.
  4. Les relations sexuelles entre le personnel humanitaire et les bénéficiaires sont fortement déconseillées, car fondées sur un rapport de force inégal.
  5. Tout membre du personnel qui a des soupçons ou des inquiétudes doit les signaler par les mécanismes prévus.
  6. Le personnel humanitaire doit créer et maintenir un environnement qui prévient l'exploitation et les abus ; les responsables doivent soutenir et mettre en place les systèmes qui le permettent.

3Signaler et assister

  • Signalez par les canaux officiels de votre organisation (point focal PSEA, ligne dédiée, adresse e-mail confidentielle) ou par le mécanisme inter-agences de la zone. Vous n'avez pas besoin de preuves : un soupçon de bonne foi suffit.
  • N'enquêtez pas vous-même, ne confrontez pas la personne soupçonnée.
  • Gardez l'information confidentielle ; la personne qui signale de bonne foi est protégée contre les représailles.
  • L'approche est centrée sur la victime : sa sécurité, ses choix et l'accès à l'assistance (santé, psychosocial, juridique) passent en premier, même si l'enquête n'a pas encore abouti.
  • Les communautés doivent savoir que l'aide est gratuite et comment se plaindre : affiches, réunions, numéros de téléphone.

4Sauvegarde de l'enfance

La sauvegarde (safeguarding) est l'ensemble des mesures qu'une organisation prend pour que son personnel, ses programmes et ses partenaires ne causent pas de tort aux enfants (et aux adultes vulnérables). Règles courantes d'un code de conduite :

  • Ne jamais rester seul avec un enfant hors de la vue des autres ; appliquer la règle des deux adultes quand c'est possible.
  • Pas de contact physique inapproprié, pas de langage ni de punition humiliante.
  • Pas de photos d'enfants sans consentement des parents, ni d'images qui permettent de les identifier ou de les localiser dans un contexte sensible.
  • Pas de contact privé (réseaux sociaux, téléphone) avec des enfants bénéficiaires.
  • Recrutement plus sûr : vérification des références, questions sur la sauvegarde en entretien, signature du code de conduite.
Mise en situation

Un soupçon dans l'équipe

Programme d'aide alimentaire

Votre rôle

Vous êtes superviseur d'une équipe de distribution.

Une adolescente de 16 ans dit à une collègue qu'un membre de l'équipe lui a promis une ration supplémentaire « si elle vient le voir ce soir ».

  1. Décision 1 sur 3Votre collègue vous demande quoi faire. Vous répondez :

  2. Décision 2 sur 3Et pour l'adolescente ?

  3. Décision 3 sur 3Que doit faire l'organisation pour prévenir ces situations ?

Exercice d'application : études de cas

Pour chaque situation, dites si c'est une violation, ce que vous faites et à qui vous le signalez : (1) un collègue propose à une bénéficiaire de l'aider « en échange d'un service » ; (2) un chauffeur ramène seul chaque jour une adolescente chez elle ; (3) un partenaire publie des photos d'enfants avec le nom de leur camp. Retrouvez ensuite le contact du point focal PSEA de votre organisation.

À retenir

  • Tolérance zéro : l'exploitation et les abus sexuels sont des fautes graves.
  • Aucune activité sexuelle avec une personne de moins de 18 ans, quelle que soit la loi locale.
  • Pas d'échange d'aide, d'argent ou d'emploi contre des faveurs sexuelles.
  • Tout soupçon doit être signalé par les canaux officiels ; on n'enquête pas soi-même.
  • L'approche est centrée sur la victime.

Quiz du jour

3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.

1Une activité sexuelle avec une personne de 17 ans, dans un pays où la majorité sexuelle est à 15 ans, est :
2Vous soupçonnez un abus, sans preuve. Vous devez :
3Ne jamais rester seul avec un enfant hors de la vue des autres relève :

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