- Mettre en place et piloter un dispositif PSEA complet.
- Gérer un cas selon l'approche centrée sur la survivante.
- Intégrer la protection dans la stratégie et le plaidoyer.
1Un dispositif PSEA qui fonctionne
Un dispositif solide repose sur quatre piliers : prévention (code de conduite, vérification des références, formation, analyse des risques des activités), signalement (canaux multiples, sûrs, accessibles aux enfants et aux personnes handicapées), réponse (assistance aux victimes, enquête, sanctions) et redevabilité (information des communautés, rapport aux bailleurs, participation au réseau PSEA du pays).
Le point focal PSEA reçoit les signalements et les transmet ; il n'enquête pas seul. Les engagements de l'IASC et la norme CHS (engagement 5 sur les plaintes) en fixent les attentes.
2L'approche centrée sur la survivante
Quatre principes guident la gestion d'un cas : sécurité, confidentialité, respect des choix de la personne, non-discrimination. La survivante décide des services qu'elle souhaite recevoir ; pour un enfant, on agit selon son intérêt supérieur, en l'associant selon son âge.
On ne demande jamais de raconter plusieurs fois les faits (risque de retraumatisation), on ne confronte pas l'auteur présumé, et l'on oriente vers les services spécialisés (santé dans les 72 heures pour la prophylaxie post-exposition, soutien psychosocial, aide juridique) identifiés par le sous-cluster VBG.
3Protection, stratégie et plaidoyer
L'intégration de la protection (sécurité et dignité, accès effectif, redevabilité, participation et autonomisation) s'applique à chaque secteur. Au niveau stratégique, l'organisation analyse les risques de protection dans ses programmes, budgète les mesures (éclairage, accompagnement, interprètes), et forme ses partenaires.
Le plaidoyer sur les violations s'appuie sur des données agrégées et sûres, en concertation avec le cluster Protection, en pesant toujours le risque pour les personnes et pour l'accès.
Exercice d'application : la carte des services et le circuit d'un signalement
Pour une zone de votre choix, dessinez le circuit d'un signalement d'exploitation sexuelle : qui le reçoit, sous quel délai il est transmis, qui enquête, quels services (santé, psychosocial, juridique) sont proposés à la survivante, et comment la communauté est informée des canaux de signalement.
À retenir
- Quatre piliers : prévention, signalement, réponse, redevabilité.
- Le point focal reçoit et transmet ; il n'enquête pas seul.
- Survivante : sécurité, confidentialité, respect de ses choix, non-discrimination.
- Moins de 18 ans : toute activité sexuelle est interdite, quel que soit le consentement.
Pour aller plus loin : références de la formation
- CICR (2024). Normes professionnelles pour les activités de protection (4e édition). www.icrc.org/fr/publication/0999-normes-professionnelles-pour-les-activites-de-protection
- Nations unies (2003). Bulletin du Secrétaire général ST/SGB/2003/13 : dispositions spéciales visant à prévenir l'exploitation et les abus sexuels. www.un.org
- IASC (2015). Directives pour l'intégration d'interventions ciblant la violence basée sur le genre. gbvguidelines.org/fr
- Alliance pour la protection de l'enfance (2019). Standards minimums pour la protection de l'enfance dans l'action humanitaire. alliancecpha.org
- Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : la Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire. spherestandards.org/fr/manuel-2018
Quiz du jour
3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.