- Élaborer un plan de sécurité et des niveaux de sécurité.
- Gérer un incident critique, de l'alerte au retour d'expérience.
- Assumer le devoir de protection envers tout le personnel.
1Le plan de sécurité
Le plan de sécurité traduit l'analyse de risque en règles concrètes : description du contexte, menaces principales, procédures opérationnelles standard (déplacements, communications, base, argent liquide), niveaux de sécurité (par exemple de 1 à 5, avec les mesures associées à chaque niveau), plans d'hibernation, de relocalisation et d'évacuation, contacts d'urgence.
Il est connu de tous, testé (exercices), et révisé au moins tous les six mois ou après tout changement majeur. Le personnel national, souvent plus exposé et moins évacuable, doit être pris en compte explicitement.
2Gérer un incident critique
Un incident critique (enlèvement, attaque, décès, agression grave) se gère par deux équipes : une équipe de gestion d'incident sur place et une équipe de gestion de crise au siège. Les étapes : alerte, collecte des faits, sécurisation du reste du personnel, information des familles par un interlocuteur unique, communication externe maîtrisée, décisions documentées dans un journal de crise.
Les enlèvements obéissent à une politique écrite : qui négocie, avec quel appui spécialisé, et quelles limites. Personne ne négocie seul sur le terrain.
3Devoir de protection et soutien après incident
Le devoir de protection (duty of care) oblige l'organisation à prendre des mesures raisonnables pour protéger son personnel contre les risques prévisibles : information et formation, équipement, assurance, procédures, soutien psychosocial. Il s'applique au personnel national comme international, et aux partenaires dans une logique de risque partagé.
Après un incident, on prévoit un soutien psychosocial (premiers secours psychologiques, orientation), un retour d'expérience sans recherche de coupable, et l'actualisation du plan de sécurité.
Exercice d'application : les niveaux de sécurité
Pour une zone fictive, définissez quatre niveaux de sécurité (normal, vigilance, restriction, hibernation/relocalisation) : pour chacun, les indicateurs de passage, les règles de déplacement, les horaires et les communications.
À retenir
- Plan de sécurité : procédures, niveaux de sécurité, plans d'hibernation, de relocalisation et d'évacuation.
- Incident critique : équipe sur place + équipe de crise au siège, interlocuteur unique pour les familles.
- Enlèvement : politique écrite, personne ne négocie seul.
- Devoir de protection pour tout le personnel ; soutien psychosocial et retour d'expérience.
Pour aller plus loin : références de la formation
- Humanitarian Practice Network (ODI) (2010). Good Practice Review 8 : Operational security management in violent environments. odihpn.org/publication/operational-security-management-in-violent-environments-revised-edition
- GISF (2024). Ressources et formations du Global Interagency Security Forum (GISF). gisf.ngo
- International NGO Safety Organisation (INSO) (2024). Analyses de sécurité pour les ONG. ngosafety.org
- IASC / Système de gestion de la sécurité des Nations unies (2019). Cadre de gestion du risque sécuritaire. interagencystandingcommittee.org
Quiz du jour
3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.