- Comprendre le rôle et les limites du secouriste.
- Sécuriser la scène et se protéger des infections.
- Faire le bilan d'une victime et transmettre une alerte complète.
1Le rôle du secouriste : protéger, alerter, secourir
Les premiers secours sont les gestes réalisés par une personne présente, avec peu ou pas de matériel, en attendant une aide médicale. Ils visent trois buts : préserver la vie, empêcher l'aggravation et favoriser le rétablissement.
La démarche tient en trois mots : protéger (soi-même, la victime et les témoins), alerter (les secours ou la structure de santé la plus proche, selon le plan médical de l'organisation) et secourir (les gestes adaptés, dans les limites de sa formation).
En contexte humanitaire, l'aide médicale peut être à plusieurs heures de route. Le secouriste doit donc savoir surveiller longtemps une victime, et connaître le plan d'évacuation médicale (MEDEVAC) de son organisation : qui appeler, quel véhicule, quelle structure de santé, à quelle distance.
2Sécuriser la scène et se protéger
Avant de toucher une victime, regardez autour de vous : circulation, feu, fils électriques, bâtiment instable, foule hostile, risque d'une seconde explosion après une première. Un secouriste blessé devient une victime de plus. Si le danger ne peut pas être supprimé, et seulement si c'est possible sans risque, on dégage la victime ; sinon, on attend les moyens adaptés.
- Portez des gants dès qu'il y a du sang ou des liquides biologiques ; à défaut, un sac plastique propre.
- Lavez-vous les mains avant et après, ou utilisez une solution hydroalcoolique.
- En cas de contact du sang de la victime avec une plaie ou une muqueuse, ou de piqûre : lavez, puis consultez immédiatement pour une éventuelle prophylaxie post-exposition (à débuter le plus tôt possible, au plus tard dans les 72 heures).
3Le bilan : réponse, voies aériennes, respiration
Le bilan suit un ordre fixe, qui traite d'abord ce qui tue le plus vite.
- Réponse : parlez fort, touchez les épaules. « Vous m'entendez ? Ouvrez les yeux. »
- Hémorragie massive : un saignement abondant visible se traite immédiatement, avant tout le reste.
- Voies aériennes : chez une victime qui ne répond pas, basculez doucement la tête en arrière et élevez le menton.
- Respiration : regardez, écoutez et sentez pendant 10 secondes au plus. Des « gasps » (respirations rares et bruyantes) ne sont pas une respiration normale.
Si la victime ne respire pas normalement : faites alerter, faites chercher un défibrillateur et commencez la réanimation (jour 2). Si elle respire : position latérale de sécurité, puis bilan complet de la tête aux pieds (plaies, douleurs, déformations) et surveillance.
4Alerter : un message clair et complet
L'alerte dépend du contexte : numéro d'urgence national s'il existe et fonctionne, sinon le point focal médical ou sécurité de l'organisation, la structure de santé de référence ou le Croissant-Rouge ou la Croix-Rouge locale. Ces numéros doivent figurer dans chaque véhicule et dans le plan de sécurité.
Le message suit toujours le même ordre :
- Où : lieu précis, repères, coordonnées GPS si possible.
- Quoi : nature de l'accident ou du malaise, nombre de victimes.
- État : réponse, respiration, saignement, gestes déjà faits.
- Qui : votre nom et un numéro pour vous rappeler. Ne raccrochez qu'à la demande de votre interlocuteur.
L'ouvrier tombé de l'échafaudage
Chantier de réhabilitation d'une école
Vous suivez les travaux pour votre organisation ; vous êtes le seul membre de l'équipe formé aux premiers secours.
Un ouvrier est tombé d'un échafaudage de 3 mètres. Il est allongé près d'un câble électrique arraché par la chute. Ses collègues veulent le relever.
Décision 1 sur 3Que faites-vous en premier ?
Décision 2 sur 3Le courant est coupé. L'ouvrier répond, se plaint du dos et ne sent plus bien ses jambes. Vous :
Décision 3 sur 3Que transmettez-vous dans l'alerte ?
Ce qu'il faut retenir
Protéger avant de secourir, limiter les mouvements en cas de suspicion de lésion de la colonne et transmettre une alerte complète.
Exercice d'application : votre fiche d'urgence
Pour votre lieu de travail, remplissez une fiche d'une page : numéros d'urgence qui fonctionnent réellement, structure de santé la plus proche et son niveau (poste de santé, hôpital avec chirurgie), temps de trajet de jour et de nuit, emplacement de la trousse de secours et du kit PEP, procédure MEDEVAC de votre organisation. Affichez-la et mettez-en une copie dans chaque véhicule.
À retenir
- Protéger, alerter, secourir : toujours dans cet ordre.
- Sécurité de la scène d'abord, y compris le risque d'une seconde explosion.
- Gants et hygiène des mains ; exposition au sang : PEP dans les 72 heures.
- Bilan : réponse, hémorragie massive, voies aériennes, respiration (10 secondes au plus).
- Alerte : où, quoi, état, qui ; ne raccrochez pas le premier.
Pour aller plus loin : références de la formation
- Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) (2020). Lignes directrices internationales de premiers secours, de réanimation et d'éducation. www.ifrc.org/document/international-first-aid-resuscitation-and-education-guidelines
- OMS, War Trauma Foundation, World Vision International (2011). Premiers secours psychologiques : guide pour les acteurs de terrain. www.who.int/publications/i/item/9789241548205
- OMS et CICR (2018). Soins d'urgence de base : prise en charge des patients gravement malades ou blessés. www.who.int/publications/i/item/basic-emergency-care-approach-to-the-acutely-ill-and-injured
- Comité international de la Croix-Rouge (CICR) (2006). Premiers secours dans les conflits armés et autres situations de violence. shop.icrc.org
Quiz du jour
3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.